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La conversation amoureuse d'Alice FERNEY
La conversation amoureuse
Alice FERNEY

roman

Editions Actes Sud - Collection Un endroit où aller
France - Prix alapage.com : 20,13 €
Québec - Prix archambault.ca : 32,95 $


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Synopsis

Quand Gilles pose son regard sur Pauline alors qu'ils accompagnent tous deux leurs enfants respectifs à l'école, il se sent captivé. Il n'aura de cesse d'entrer en contact avec elle.
A travers leurs conversations, et celles de leurs amis Alice FERNEY esquisse une palette des liens amoureux, des couples actuels, dans un style vivant et limpide.

Elle sait apporter le point de vue de chacun de façon subtile.

Notre avis : intéressant pour progresser dans la connaissance de nos semblables.

 

Sommaire

  1. Début de soirée ;
  2. Rencontre ;
  3. A table ;
  4. Au plus fort de la fête ;
  5. En plein mensonge ;
  6. Au téléphone ;
  7. Au lit ;
  8. Des années plus tard ;
  9. Epilogue : S'il n'y a pas de fin.
 
 

 


Premières lignes

" Un couple de futurs amants marchait, au milieu de la chaussée, dans une rue piétonne, un peu avant l'heure du dîner. Les couleurs du soir tenaient la ville dans un feu. Sous le fléchissement du soleil, les grands immeubles anciens étaient splendides, les pierres de leurs façades orange comme du fer chauffé. Des jeunes gens, agglutinés par grappes, flânaient, bavardaient et riaient, se courtisaient. Il restait à cet ancien quartier des facultés quelque chose de festif et d'insouciant. Le mois de juin était beau et la chaleur de la journée appesantissait encore l'air. La femme portait un robe légère et peu décolletée, dont l'encolure disparaissait sous la mousseline de l'écharpe jaune autour de son cou. "

 

Extraits

    1. " Il aurait voulu cesser de la regarder de cette manière fascinée, mais il ne pouvait se retenir de le faire. Il était captif de ce visage. Et celle qui le portait par-devant elle, comme un filet, savait bien lire cet infatigable regard. Voilà un homme qui tombait amoureux d'elle. Elle ne pouvait pas se tromper. Une partie d'elle-même s'en réjouissait, une autre était troublée, et ainsi coupée en deux, entre clairvoyance et timidité, elle alternait une manière d'être fatale et une autre godiche. La confusion lui rendait cet homme invisible. Il n'était pas beau, mais elle ne s'en rendait plus compte du tout. Parce qu'il ne voyait qu'elle, elle ne le voyait plus. Cette sorte d'effroi qui paralyse les proies devant les prédateurs avait gagné sa pensée : elle n'avait plus de mots. Elle n'avait que des émotions. Elle se sentait dépouillée d'elle-même par un regard. Les femmes qui sont admirées sans le chercher comprendraient cela mieux que celles qui s'égarent toutes seules dans la frénésie de plaire. Elles savent combien le trouble d'être observée empêche d'apercevoir l'émotion de celui qui regarde. Et les questions se posaient. Il était amoureux. Très amoureux ? Pouvait-elle se tromper ? Se monter la tête alors qu'il se moquait d'elle ? L'évidence et le doute avaient commencé une java. "

    2. " Elle ne parvenait pas à se dire que l'on doit, ou que l'on peut, passer à côté d'une passion, Une passion était comme une vie : il fallait qu'elle fût vécue. Car ils mourraient tous. Ils allaient tous mourir et cela viendrait plus vite qu'ils ne croyaient, Qui les remercierait de n'avoir pas nourri l'élan et l'ardeur, la douceur et la convoitise ? Ils mourraient. Les secrets seraient emportés dans les tombes. Les tourments effacés. Comme leurs existences alors sembleraient dérisoires, leurs angoisses stupides ! La pureté d'un lien conjugal sans mensonge était sûrement désirable. Mais on ne pouvait pas renoncer à un nouvel amour. Pas si l'on était vivant. Alors on devait dans le secret de soi adjoindre un lien à un autre. Cela semblait certain. Dans la grande nomenclature des fautes, au chapitre des manquements conjugaux, un secret d'amour avait la double beauté des choses tues et des sentiments estampillés. Il fallait pourtant que ce fût un amour. Pas une partie de jambes en l'air. La clef de l'innocence était dans cette phrase. Pas une partie de jambes en l'air. Mais comment s'assurer de cela auprès d'un homme ?! Comment savoir, au moment de s'élancer, si l'on paraphe un serment ou une bagatelle ? "

 

Quatrième de couverture

" En tout cas, dit-elle, je suis contente d'avoir passé cette soirée avec vous. Il se mit à rire. On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît n'est-ce pas ? Elle fit une moue de sourire et de réflexion. Moi aussi je suis content, murmura-t'il. Il avait retrouvé la voix d'alcôve. Pourquoi êtes-vous content ? dit-elle, au comble du bonheur à cause de la voix. Pff, fit-il, ses mains expliquant qu'on n'en savait rien. C'est comme ça et nous n'y pouvons rien, dit-il. Elle se délectait de cette conversation à la fois sincère et tendancieuse. Est-ce que cela vous est souvent arrivé ? demanda-t-elle. Une affinité pareille ? dit-il en riant. Elle fit signe que c'était bien la question. Jamais, dit-il avec fermeté. "

 


Dans la presse

Sophie BOURDAIS écrit dans Télérama

" Un homme mûr, sur le point de divorcer, s'éprend d'une jeune femme mariée et heureuse en ménage. Pauline se laisse courtiser par Gilles, heureuse d'être regardée, désirée. Elle accepte même une invitation à dîner. D'une plume dense et précise, Alice FERNEY décrit par le menu la joute oratoire sensuelle, feutrée, tour à tour grave et ludique, à laquelle se résumera cette soirée volée au mari aimant... D'autres fils rejoignent bientôt cette trame principale, d'autres couples s'enlacent ou se déchirent autour de Pauline et de Gilles.
Dans " L'élégance des veuves ", l'un de ses précédents romans, Alice FERNEY parlait des femmes d'autrefois, avant tout épouses et mères. Dans " La conversation amoureuse ", elle s'attarde sur celles d'aujourd'hui, qui ne veulent plus de limites, et contemple sans ironie le désarroi masculin qui en résulte. Ses personnages portent des noms un rien factices, qu'on dirait inventés pour les habitants d'une maison de poupée. Mais leurs propos et leurs comportements n'ont rien d'artificiel. L'auteur goûte peu le marivaudage*, ce qu'elle propose est avant tout une dissection impitoyable du sentiment amoureux. D'ailleurs, devant tant de lucidité sur nos travers et leur pathétique prévisibilité, on aurait presque envie, parfois, de demander grâce. "

ISBN 2742728759 - 472 pages

 


A propos de l'auteur

Alice FERNEY est née le 21 novembre 1961 à Paris. Quand elle fait part de son désir d'être écrivain, l'idée n'emballe pas sa famille. Elle entre alors à l'ESSEC où elle participera à un concours littéraire. Sa nouvelle plaira et elle s'apercevra qu'elle a un style. Elle obtient son doctorat en sciences économiques. En s'informant sur les parcours des écrivains elle s'aperçoit qu'ils sont journalistes ou enseignants. Elle choisira l'enseignement.
En 1987, à 25 ans, elle commence vraiment à écrire. Elle publie " Le Ventre de la fée " en 1993, " L'élégance des veuves " en 1995 et " Grâce et dénuement " en 1997 pour lequel elle obtient le prix Culture et Bibliothèques pour tous.
Elle travaille aujourd'hui à l'Université d'Orléans et a 3 enfants.

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