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Le gone de Chaâba d'Azouz BEGAG
Le gone de Chaâba
Azouz BEGAG

roman

Editions du Seuil - Collection Point virgule
France - Prix alapage.com : 5,65 €
Québec - Prix archambault.ca : 11,95 $


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Synopsis

Dans le patois lyonnais, le gone c'est le gamin, et le Chaâba était un bidonville de la banlieue lyonnaise dans les années soixante.
Dans ce roman largement auto-biographique, Azouz BEGAG raconte la vie des familles de ce bidonville vue à travers ses yeux d'enfant : le bonheur de courir avec les copains dans les champs alentour, d'aller à la " pêche " sur les tas d'ordures déversées près du campement, d'ennuyer les prostituées qui racolent sur le boulevard.

L'école est pour lui l'occasion de comprendre qu'il n'a pas les mêmes conditions de vie, les mêmes chances. Ceci va lui donner l'envie d'étudier et de réussir aussi bien que ses camarades français.

Notre avis : un roman drôle, émouvant qui fait découvrir la vie et les espérances des immigrés.

 
 

 


Premières lignes

" Zidouma fait une lessive ce matin. Elle s'est levée tôt pour occuper le seul point d'eau du bidonville : une pompe manuelle qui tire de l'eau potable du Rhône, l'bomba (la pompe). Dans le petit bassin de briques rouges que Berthier avait conçu pour arroser son jardin, elle tord, frotte et frappe sur le ciment de lourds draps gonflés d'eau.
Courbée à quatre-vingt-dix degrés, elle savonne avec son saboune d'Marsaille, puis actionne une fois, deux fois la pompe pour tirer de l'eau. Elle frotte à nouveau, rince, tire l'eau, essore le linge de ses deux bras musclés... Elle n'en finit pas de répéter les opérations. Le temps passe. Elle sait bien qu'au Chaâba il n'y a qu'un seul puits, mais son comportement indique une volonté précise. Elle tient à prendre son temps, beaucoup de temps. Et que quelqu'un s'aventure à lui faire la moindre remarque, il va comprendre sa douleur ! "

 

Extraits

    1. " En tirant vigoureusement sur un pneu de vélo que plusieurs cartons recouvraient, ma main s'écorche sur une boîte de conserve éventrée. A quelques mètres, Rabah aperçoit ma blessure et me crie que je vais mourir de la maladie des remblais si je ne rentre pas chez moi pour recevoir des soins. Je devine qu'il veut s'approprier mon coin. Aussi rien n'y fait : je reste sur mon trésor.
Rabah sourit puis éclate de rire en constatant que je n'ai pas marché dans son jeu. Bon joueur, il me tend un paquet de biscuits qu'il vient d'extorquer à des piles de vieux livres. Pause : je casse une croûte sur le chantier. "

    2. " Je sais bien que j'habite dans un bidonville de baraques en planches et en tôles ondulées, et que ce sont les pauvres qui vivent de cette manière. Je suis allé plusieurs fois chez Alain, dont les parents habitent au milieu de l'avenue Monin, dans une maison. J'ai compris que c'était beaucoup plus beau que dans nos huttes. Et l'espace ! Sa maison à lui, elle est aussi grande que notre Chaâba tout entier. Il a une chambre pour lui tout seul, un bureau avec des livres, une armoire pour son linge. A chaque visite, mes yeux en prennent plein leur pupille. Moi, j'ai honte de lui dire où j'habite. C'est pour ça qu'Alain n'est jamais venu au Chaâba. Il n'est pas du genre à prendre plaisir à fouiller les immondices des remblais, à s'accrocher aux camions de poubelles, à racketter les putes et les pédés ! D'ailleurs, sait-il au moins ce que " pédé " veut dire ? "

    3. " Les autres, comme moi, restent impassibles. M'efforçant de prendre un air d' habitué pour ne pas faire pitié, je cherche mon nom. Là ! Sixième B. Salle 110. Je jette un coup d'oeil sur les noms suivants. Pas de compatriotes dans la sixième B. Je regarde derrière moi dans la cour où des centaines d'élèves attendent la sonnerie. Là-bas, devant la dernière liste de noms, j'aperçois un "cheveux frisés". Il me voit aussi, me fixe un instant puis détourne les yeux. Il doit être aussi paumé que moi, le pauvre. Il me regarde à nouveau et je lui adresse un signe imperceptible de la tête. Il me répond aussi imperceptiblement. "

 

Quatrième de couverture

" Le Chaâba ? Un bidonville au bord du Rhône, près de Lyon, il n'y a pas si longtemps... Un amas de baraques en bois, trop vite bâties par ces immigrants qui ont fui la misère algérienne. Ici comme ailleurs, les éclats de rire des enfants résonnent dès le lever du soleil. Les " gones " se lavent à l'eau du puits et font leurs devoirs à même la terre. Mais chaque matin, ils enfilent leurs souliers pour se rendre à l'école avec les autres... Là, derrière les mots inscrits sur le cahier d'écriture, de nouveaux horizons apparaissent. Un monde de connaissances, de rêves et d'espoirs à découvrir. "

ISBN 2020481707 - 245 pages

 


A propos de l'auteur

D'origine algérienne, Azouz BEGAG est né en France dans la banlieue lyonnaise en 1957. Il est sociologue et romancier.
Chercheur au CNRS et à la Maison des Sciences Sociales et Humaines de Lyon depuis 1980, il est spécialiste en socio-économie urbaine : son travail porte surtout sur la mobilité des populations immigrées dans les espaces urbains.
Il a publié une trentaine d'ouvrages où il évoque souvent les différents problèmes auxquels sont confrontés les jeunes d'origine maghrébine, pris entre deux cultures aussi bien qu'entre tradition et modernisme : pauvreté, racisme, chômage, auto-destruction, désespoir.
Le gone du Chaâba a été adapté au cinéma par Christophe Ruggia en 1997.

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