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Le cri de la mouette d'Emmanuelle LABORIT
Le cri de la mouette
Emmanuelle LABORIT

témoignage

Editions Pocket - Collection Best
France - Prix alapage.com : 5,22 €
Québec - Prix archambault.ca : 10,95 $


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Synopsis

Dans ce livre autobiographique, Emmanuelle LABORIT, sourde et muette de naissance, raconte le combat qu'elle a mené pour se faire une place au soleil. Elle décrit comment à sept ans le langage des signes a transformé sa vie en lui apportant la possibilité de communiquer. Aux désarrois de l'adolescence s'ajoutera la révolte de voir nier l'identité des sourds. Mais elle choisira, plutôt que de se renfermer, d'agir pour défendre les droits des sourds, et elle s'imposera comme comédienne.

Dans ce livre qui se lit comme un roman, elle fait découvrir au monde des entendants les difficultés de cette minorité et revendique d'autres modes de communication que l'oralisation.

Notre avis : émouvant.

 

Sommaire

  1. Confidence
  2. Le cri de la mouette
  3. Le silence des poupées
  4. Ventre et musique
  5. Char blanc, chat noir
  6. " Tiffiti "
  7. Je m'appelle " je "
  8. Marie, Marie
  9. La ville des sourds
  10. Fleur qui pleure
  11. Interdit d'interdire
  12. Piano solo
  13. Passion vanille
  14. Mouette en cage
  15. Danger volé
  16. Communication velours
  17. Amour poison
  18. Mouette rien dans la tête
  19. Soleil, soleils
  20. Sida soleil
  21. Je m'énerve
  22. Silence bacho
  23. Silence regard
  24. Monsieur l'implanteur
  25. Envol
  26. Mouette en suspens
  27. Au revoir.
 
 

 


Premières lignes

" Les mots sont une bizarrerie pour moi depuis mon enfance. Je dis bizarrerie, pour ce qu'il y eut d'abord d'étrange.
Que voulaient dire ces mimiques des gens autour de moi, leur bouche en cercle, ou étirée en grimaces différentes, leurs lèvres en curieuses positions ? Je " sentais " quelque chose de différent lorsqu'il s'agissait de la colère, de la tristesse ou du contentement, mais le mur invisible qui me séparait des sons correspondant à ces mimiques était à la fois vitre transparente et béton. Je m'agitais d'un côté de ce mur, et les autres faisaient de même de l'autre côté. Lorsque j'essayais de reproduire comme un petit singe leurs mimiques, ce n'étaient toujours pas des mots, mais des lettres visuelles. Parfois, on m'apprenait un mot d'une syllabe ou de deux syllabes qui se ressemblaient, comme " papa ", " maman ", " tata ".
Les concepts les plus simples étaient encore plus mystérieux. Hier, demain, aujourd'hui. Mon cerveau fonctionnait au présent. Que voulaient dire le passé et l'avenir ?
Lorsque j'ai compris, à l'aide des signes, qu'hier était derrière moi, et demain devant moi, j'ai fait un bond fantastique. Un progrès immense, que les entendants ont du mal à imaginer, habitués qu'ils sont à comprendre depuis le berceau les mots et les concepts répétés inlassablement, sans même qu'ils s'en rendent compte. "

 

Extraits

   1. " J'ai peut-être cinq, six ans. Maintenant, je vais à l'école avec des enfants sourds. La maîtresse sait que je suis sourde, je ne suis pas isolée. J'apprends à compter avec des dominos. J'apprends les lettres de l'alphabet, je fais de la peinture. C'est un plaisir d'aller à l'école, maintenant. "

   2. " A treize ans, je suis contre le système, contre la manière dont les entendants gèrent notre société de sourds. J'ai le sentiment d'être manipulée, on veut effacer mon identité de sourde. Au lycée, c'est comme si on me disait :
" Il faut que ta surdité ne se voie pas, il faut que tu entendes avec ton appareil, que tu parles comme une entendante. La langue des signes, ce n'est pas beau. C'est une langue inférieure... "
C'est essentiellement contre cette stupidité que ma révolte gronde. Je l'ai entendue toute mon enfance ; je me suis tue, jusqu'au moment où cette sorte de colère a éclaté.
A treize ans j'explose. Je suis contre tout. Je veux mon monde à moi, ma langue à moi, et que personne ne s'en mêle. "

   3. " Au cours Morvan, je suis l'une des rares à lire autant. En général les sourds ne lisent pas beaucoup. Ils ont des difficultés. Ils mélangent les principes de la langue orale et de la langue écrite. Pour eux, le français écrit est une langue d'entendants. Moi, je dis que la lecture est proche de l'image, du visuel. Mais c'est un problème d'éducation. On m'a appris à aimer les romans, l'histoire, et si quelque chose m'échappe dans une lecture, je fouille dans le dictionnaire. Mes parents aiment lire et écrire, ils ont déteint sur moi. "

 

Quatrième de couverture

" A travers son propre témoignage, Emmanuelle LABORIT montre que les sourds forment une vraie minorité avec ses codes, son langage (celui des signes) et, surtout, ses difficultés d'être et d'exister face au monde hégémonique des entendants qui tend à la nier en l'assimilant par la voie de l'oralisation excessive. Bien plus qu'une autobiographie, le Cri de la Mouette est un émouvant plaidoyer pour la reconnaissance et l'intégration d'une communauté trop longtemps mise au ban du monde. "
Gilles HOCHET, L'événement du Jeudi.

France - ISBN 2221076737 - 224 pages
Québec - ISBN 2266113178

 


A propos de l'auteur

En 1993, Emmanuelle LABORIT a remporté le Molière de la révélation théâtrale pour son rôle de Sarah dans Les Enfants du Silence.
Le cri de la Mouette a reçu le Prix Vérité 1994.
Elle a tourné en 1996, " Un air si pur ", puis " Retour à la vie ".

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