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Même les tueurs ont une mère de Patrick MENEY
Même les tueurs ont une mère
Patrick MENEY

témoignage

Editions La Table Ronde
France - Prix alapage.com : 13,00 € (occasion)
Québec - Prix archambault.ca : 29,50 $ (neuf)


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Synopsis

Patrick MENEY est journaliste. Il a rencontré Marwan, 26 ans, et a essayé de comprendre comment un adolescent insouciant, ayant grandi dans le conflit libanais, est devenu un tueur. Il nous raconte son enfance paisible, bien entouré par sa famille, jusqu'au jour où les miliciens sont arrivés dans son village. La curiosité va conduire Marwan à une vie où la violence est son quotidien, où la guerre est le seul " métier " qu'il sache faire.

A travers ce récit, les lecteurs épargnés par l'histoire se poseront sans nul doute la question de leurs propres choix dans un tel environnement.

Notre avis : passionnant et inoubliable.

 

Sommaire

Introduction

  1. Le matin c'était la paix ;
  2. Elle tendait les bras ;
  3. C'est la guerre ! ;
  4. L'adieu ;
  5. Tuer ;
  6. Légitime défense ;
  7. Les tueurs vont au Paradis ;
  8. Marwan ne sourit plus ;
  9. Combattant ;
  10. Que la guerre est belle ;
  11. L'incendiaire ;
  12. Franc-tireur ;
  13. En famille ;
  14. Fonctionnaire du crime ;
  15. Lettre à l'ennemi ;
  16. Un terroriste à Paris ;
  17. Le tueur est en nous.
 
 

 

Premières lignes du premier chapitre

" J'ai deux amours, mon pays et Paris.
Par eux toujours, mon coeur est ravi. 
"

" La voix de la Vénus noire se répand dans les ruelles grouillantes de Chiyah. Joséphine Baker est morte. Sans se concerter, on a poussé le son des postes de radio. On vit ainsi à Chiyah, dans la ceinture de misère de Beyrouth, là où viennent s'échouer tous les pauvres du Liban : incapables de cacher leurs émotions. Une manière d'être l'un chez l'autre, avec les fenêtres et la porte toujours ouvertes.
Joséphine, on l'aimait. C'était un rêve vaguement refoulé : le music-hall, l'Amérique et la France. L'écouter une dernière fois, fredonner le refrain familier, d'un balcon à l'autre, c'est une manière de se dire : nous sommes une grande famille. Ils viennent de tous les coins du pays, chassés par le dénuement plus qu'attirés par l'opulence. Mais, déjà, ils se sont donné une culture : musique arabe, musique américaine, musique française. Une solidarité de palier, des enfants qui apprennent la vie ensemble, dans la rue. Des souvenirs de déracinés et un espoir de chercheur d'or qui ne revendiquerait que la poussière des pépites. "

 

Extraits

    1. " Pour meubler cinq heures d'inactivité, après plusieurs jours de séquestration, au milieu d'événements nouveaux auxquels ils ne comprenaient rien, les deux adolescents avaient répondu à l'invitation d'un inconnu leur proposant de satisfaire leur curiosité. Ils auraient pu, pareillement, apprendre le moteur à explosion ou le développement de la photographie. Le hasard avait placé sur leur chemin un combattant plutôt qu'un mécanicien, qu'un photographe, ou qu'un musicien. Après, on pourrait toujours parler de prédisposition, de prédestination ou de vocation... "

    2. " Souvent j'ai pensé à cette confession de Marwan, dans les rues de Beyrouth, en voyant à chaque carrefour, à chaque permanence des milices, partout, les combattants au repos en train d'aiguiser leurs terribles poignards ou leurs baïonnettes sous l'oeil amusé des enfants et indifférent des adultes. Cette lame brillante et longue, cette lame pointue, ils la caressaient avec attention, avec bonheur, avec fierté. Comment ne pas se souvenir des propos de Marwan, expliquant le conditionnement et les exercices auxquels tous ces hommes ont été soumis, quel que soit leur camp ? L'arme est devenue une partie d'eux-mêmes. Un ustensile naturel. "

    3. " A chaque pas, il trouvait une raison de se battre, un alibi à la haine, un argument à la mort, une obligation de se défendre. Marwan était pris dans un cercle vicieux, dans un cercle infernal. Une tempête l'emportait et il ne trouvait aucune branche pour s'accrocher. Aucune issue ne se présentait à lui. A chaque fois, une main le jetait au milieu du cyclone. Aujourd'hui, Chiyah tout entier lui interdisait de sortir de la tourmente, le poussait au beau milieu de la fournaise. "

 

Quatrième de couverture

" Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec un tueur. Marwan, 26 ans, formé dans les combats du Liban, avait tué plus d'hommes qu'il n'avait aimé de femmes.
Je voulais comprendre : la haine, la sauvagerie, la barbarie. La mort était son métier. Il allait à la tuerie comme nous allons à notre travail. Je voulais savoir si ces choses-là sont loin de nous ou, au contraire, en nous. Savoir comment il les vivait et si cela pouvait aussi nous arriver.
Il s'est assis en face de moi. Ses yeux noirs n'exprimaient rien. Ni cruauté, ni amour, ni émotion, ni remords. Le vide. Et le récit a commencé...
Des dizaines d'heures d'entretiens, pour que le tueur si réticent à la confession décide enfin d'aller au fond des choses. Lui aussi voulait comprendre comment, adolescent sensible, lycéen insouciant, il avait été entraîné dans la folie collective. Comment il avait fini par prendre du plaisir au massacre, par être impliqué dans toutes les horreurs de onze ans de guerre, par traquer des jours durant, en franc-tireur, la victime innocente. Comment enfin, formé au terrorisme international, il s'était retrouvé à Paris.
Histoire hallucinante. elle nous concerne intimement. Grâce à la complicité du tueur, voici démonté le mécanisme de la folie des peuples et de la violence moderne. On ne ressort pas intact de cette fréquentation. "

France - ISBN 504727 - 247 pages
Québec - ISBN 2710302934

 


A propos de l'auteur

Né en 1948, Patrick MENEY fut correspondant de l'A.F.P. à Rome puis à Moscou. En 1983, il reçut le Prix Albert Londres pour l'ensemble de ses reportages sur l'U.R.S.S. (dont la Kleptocratie et les Mains coupées de la Taïga). Il se vit décerner le Prix des Maisons de la Presse 1985 pour son roman Niet.

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