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Synopsis Au début des années soixante dix, deux tentatives de coup d'état contre le roi du Maroc vont être perpétrées par les militaires. Ils impliqueront à leur corps défendant nombre d'officiers et de simples soldats. Condamnés ensuite à trois, dix ou vingt ans de prison, ces hommes vont être enfermés à Tazmamart dans le but de les faire mourir à petit feu. Vingt huit seront en vie, dans un état de santé déplorable, sur les cinquante huit hommes enfermés, à l'ouverture des portes dix huit ans plus tard. Ahmed MARZOUKI témoigne de ce qu'il a vécu à Tazmamart. Il raconte l'histoire de ses compagnons de prison, et notamment de ceux qui sont morts en détention. Ce récit ne s'arrête pas à la sortie de Tazmamart, mais relate aussi la diffculté des " survivants " à retrouver une place dans la société marocaine. Ces hommes ont retrouvé la liberté grâce à l'action internationale, mais le gouvernement marocain a fait pression pour qu'ils effacent ces dix huit années volées et qu'ils n'en parlent pas. Notre avis : donne l'envie et la force d'agir pour le respect des droits humains.
Sommaire
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Premières lignes " Pour comprendre comment vingt-huit officiers
et sous-officiers de l'armée de terre se sont retrouvés
le 10 juillet 1971 dans les jardins du palais de Skirat aux côtés
du lieutenant-colonel M'hamed Ababou qui tentait de renverser la monarchie,
il faut revenir sur la personnalité exceptionnelle de ce Rifain
âgé alors de 36 ans, marié et père de quatre
enfants.
Extraits 1. " La lourde porte de fer refermée, l'angoisse que nous avons ressentie dans l'obscurité et l'isolement de nos cellules fut immense. Minutes atroces durant lesquelles la plupart d'entre nous furent pris de panique ou envahis par un désespoir incommensurable que rien ne pouvait atténuer. Les uns avaient l'impression d'avoir été précipités au fond d'un gouffre, tandis que les autres trouvaient à leur cachot une étrange ressemblance avec la tristement célèbre " Habs-Kara ", une prison construite à Meknès par Moulay Ismail, où ceux qui y entraient n'avaient aucun espoir d'en sortir. D'autres, enfin, et cela revenait au même, crurent que l'on venait de les enterrer vivants. Un silence macabre régnait d'ailleurs dans les deux blocs. Nous étions tous littéralement assommés par ce nouveau coup du sort. Pendant un long moment, nous restâmes prostrés, incapables encore de prendre l'exacte mesure du malheur qui nous frappait, mais intuitivement convaincus que le pire était à venir et sans doute pour très longtemps. Certains furent pris de crises d'asthme et crurent étouffer comme si on les avait jetés au fond d'un trou, l'obscurité ne faisant bien sûr qu'ajouter à leur angoisse. " 2. " Nous avons supporté le froid glacial dans une cellule-congélateur durant les mois d'hiver, les pieds nus et légèrement vêtus. Nous avons suffoqué durant les mois d'été tellement la température était élevée et en l'absence de circulation d'air et de quantités suffisantes d'eau. Une faim lancinante a déchiré nos estomacs pendant des années et des années ; elle poussait quelques détenus à remâcher leur nourriture pour se donner l'illusion de manger un peu plus. Certains d'entre nous ont connu la douleur de piqûres des scorpions qui nous tenaient compagnie dans la pénombre. Tous, nous avons vécu avec la maladie, les privations, la crasse, l'humiliation et le mépris jusqu'à devenir plus bas encore que les créatures les plus abjectes de notre planète Terre. Nos corps dégageaient une telle odeur que celle d'un cadavre était plus supportable. "
Quatrième de couverture " Au soir du quatrième jour, un
détenu, qui ne parlait plus depuis longtemps, cria soudain :
" Faraj est là ! " " Pendant longtemps les autorités
marocaines ont nié l'existence du bagne de Tazmamart situé
en plein désert dans le Sud du pays. Pourtant, cinquante-huit officiers
et sous-officiers, fantassins ou aviateurs, y furent enfermés pour
avoir été impliqués, à leur corps défendant,
dans les deux tentatives de coup d'État de juillet 1971 (khirat)
et août 1972 (attaque contre l'avion du roi).
Dans la presse M. Arezki METREF écrit dans Politis " Ahmed MARZOUKI raconte le miracle de
sa survie au bagne, mais aussi la mémoire, douloureuse, de ceux
qui y succombèrent. " ...En 1991, le bagne est fermé. Ahmed MARZOUKI est lâché dans la nature avec la menace de représailles s'il témoigne. Il ne s'en prive pourtant pas. Il est enlevé, convoqué, intimidé. Les choses changent, grâce au combat des survivants, appuyés par les ONG. Et à l'intronisation de Mohammed VI. Ultime victoire : Ahmed MARZOUKI vient d'obtenir son passeport ". France - ISBN 284272092X - 334 pages
A propos de l'auteur Ahmed MARZOUKI, issu d'une famille pauvre s'engage dans l'armée dans les années soixante afin de sortir de la misère. Il devient sous-lieutenant sous le commandement du colonel M'Hamed Ababou. Ce dernier va initier une tentative de coup d'état à Skirat dans laquelle il entraînera ses hommes. Enfermé dix huit années au bagne de Tazmamart, Ahmed MARZOUKI témoigne de ce que lui et ses compagnons ont vécu. Il ne désire pas régler des comptes mais informer ses compatriotes sur ce qu'a été leur vie quotidienne, afin que jamais ne se répètent de telles atrocités. |
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